La rémunération d’un junior chez EY dépasse parfois celle d’un manager chez Deloitte, selon les dernières enquêtes internes de 2024. Les grilles salariales restent opaques, malgré les écarts de performances entre cabinets et la pression croissante sur les talents. Derrière l’affichage de packages compétitifs, chaque Big Four applique ses propres mécanismes de bonus, de variables et d’avantages annexes.
La mobilité interne accélère les progressions, mais certains profils stagnent plusieurs années sans revalorisation. Les écarts de salaire à l’entrée entre KPMG, EY, Deloitte et PwC peuvent atteindre 15 % pour des missions similaires à Paris.
Les Big Four : un passage obligé pour lancer sa carrière en audit et conseil ?
Un passage chez l’un des Big Four reste le sésame pour toute une génération de jeunes diplômés issus des filières les plus sélectives, à Paris comme en région. À la sortie d’HEC, de l’ESSEC ou de l’ESCP, la bataille pour décrocher un poste chez un grand cabinet d’audit ou de conseil s’intensifie. Leur promesse : accélérer la carrière, plonger dans des missions de haut vol, étoffer un réseau solide.
EY, Deloitte, KPMG, PwC : ces quatre géants voient affluer des milliers de candidatures, surtout pour des postes d’auditeur junior ou de consultant. La sélection est drastique. Chaque année, plus de 5 000 jeunes intègrent ces cabinets en France. Leur diversité de missions,audit financier, conseil en transformation, expertise comptable,forge des profils à l’agilité reconnue, capables de passer d’un secteur à l’autre et de relever des défis multiples.
Voici ce qui attend ceux qui franchissent la porte :
- Un rythme de travail intense, largement au-dessus de la moyenne du marché.
- Des évolutions de carrière rapides pour les plus performants.
- Une expérience qui ouvre des portes, même en dehors du conseil ou de l’audit.
L’investissement dans la formation interne est massif. Les cabinets d’audit accompagnent les nouveaux arrivants, les forment, les certifient, les mentorent. Les juniors apprennent vite : rigueur des process, exigences clients, pression des délais. Beaucoup quittent le navire après deux à cinq ans, avec un bagage valorisé sur le marché du travail, que ce soit pour rejoindre une direction financière, un fonds, ou un autre cabinet de conseil.
Panorama des métiers et des évolutions possibles dans les grands cabinets
Le parcours dans un cabinet de conseil du Big Four suit une structure aussi stricte que mouvante. On commence souvent comme consultant ou auditeur junior, là où la rigueur et l’envie de terrain sont de mise. Les cabinets valorisent les profils polyvalents : les juniors touchent à tout, de la transformation digitale à l’optimisation des process financiers.
Pour les plus performants, la progression ne tarde pas. Après deux ou trois ans, on accède au grade de manager : gestion d’équipe, relation client, pilotage de missions complexes, accompagnement des plus jeunes, implication dans la stratégie commerciale. Les meilleurs franchissent ensuite l’étape de senior manager, puis, pour une poignée, celle de partner. Devenir associé, c’est entrer dans la gouvernance, piloter le développement, peser dans les décisions majeures.
Pour éclairer ce parcours, voici comment se répartissent les responsabilités par grade :
- Consultant : analyse, exécution, capacité à proposer des solutions
- Manager : encadrement, gestion de projet, appui stratégique
- Senior manager : supervision, développement commercial, expertise sectorielle
- Partner : direction, politique de recrutement, pilotage du chiffre d’affaires
La mobilité interne s’opère à plusieurs niveaux : passage de l’audit au conseil en stratégie, déménagement entre Paris et Londres, spécialisation dans un secteur pointu. Les meilleurs cabinets misent sur la formation continue, la transmission d’expérience et la cooptation. La culture de la performance s’accompagne d’un suivi individualisé, d’une détection rapide des potentiels et d’un management des talents affiné.
Salaire chez Deloitte, EY, KPMG et PwC : qui tire son épingle du jeu ?
Derrière la vitrine uniforme des Big Four, les écarts de rémunération se jouent sur des détails. À Paris, un auditeur junior gagne entre 38 000 et 41 000 euros bruts annuels selon le cabinet. Deloitte se place le plus souvent en tête, suivi de PwC, puis EY et KPMG. Si l’écart à l’entrée reste faible, il s’élargit avec les promotions.
La progression se fait par paliers : au grade de senior, le salaire grimpe autour de 47 000 à 53 000 euros. PwC et Deloitte se disputent les meilleurs profils issus des grandes écoles. Côté managers, on approche les 70 000 euros, sans compter les primes. Mais c’est au niveau senior manager que la fiche de paie s’envole : certains touchent plus de 110 000 euros dans les cabinets les plus généreux, bonus à l’appui.
Face à la concurrence des cabinets de conseil en stratégie comme McKinsey, BCG ou Bain, les Big Four affinent leurs grilles et revoient leurs offres. Les salaires progressent, portés par la bataille pour attirer et fidéliser les talents, surtout à Paris. À cela s’ajoutent formation, mobilité, primes de performance. Les meilleurs profils sont courtisés, la rotation s’accélère, la guerre des talents s’intensifie.
Compétences, recrutement et conseils pour bien choisir son cabinet
Le choix d’un cabinet ne se limite pas à la grille des salaires. Les Big Four offrent aussi un environnement structurant : formation continue, accès à de grands clients, évolution rapide. L’entrée reste sélective, notamment à Paris ou Lyon. Les recruteurs examinent le parcours académique (HEC, ESSEC, ESCP), les expériences associatives, la maîtrise de l’anglais, l’aisance avec les chiffres.
Les profils recherchés se distinguent par des qualités spécifiques, selon le domaine :
- Audit : rigueur, capacité d’analyse, gestion du stress.
- Conseil : polyvalence, esprit de synthèse, aisance relationnelle.
- Expertise comptable : précision, respect des délais, sens de la confidentialité sur les dossiers clients.
La formation interne accélère la montée en compétences. Les jeunes diplômés bénéficient de programmes intensifs, souvent associés à une mobilité sectorielle : finance, industrie, technologies. Certains cabinets proposent même la création d’un espace personnel numérique pour suivre l’acquisition de nouvelles compétences et piloter leur progression.
Regardez au-delà du court terme. Les cabinets de conseil à Paris offrent un tremplin vers des postes à dimension stratégique, en interne ou chez le client. Le turnover reste élevé, mais l’expérience acquise pèse lourd sur le marché, en France comme à l’international.
Entre promesses de progression rapide, rivalités salariales et tension sur les talents, rejoindre un Big Four n’a rien d’anodin. La trajectoire qu’on y trace façonne pour longtemps la suite du parcours professionnel. À chacun de décider jusqu’où il veut pousser la porte, et avec quelles ambitions.


